Gosse et son ami Taigne

Gosse et son ami Taigne, suite de Gosse et les berges, paru le 12 avril 2024, dans la collection Les Ondines - Dupuis.

Entretien pour le site Ribambulle. (Janvier 2024)

Gosse et Taigne aprofondissent leur amitié. La guerre est finie. Ils se promènent en Ardèche. Plus tard ils font un crochet par Lyon. Le père de Taigne ramène sa fraise. Il est pas facile à aborder. Tout de suite il sort les couteaux. D'éminents adultes font confiance à Gosse. Une importante mission à remplir. Taigne t'as compris en quoi consiste cette mission ? Non pas trop. Floude le chien toi t'as compris ? Wouf pas bien. Mais Gosse a tout compris ; y'a qu'à suivre son mouvement. C'est ce que j'ai fait. La ville de Lyon est garantie dessinée 100% sans aucune documentation. Le reste aussi à peu près d'ailleurs. Le récit est garanti sans vilain mortel cynisme pour enfants. "Mais alors on va s'ennuyer." Allons, allons !

Petit entretien pour RCF (2023) :






Numa Sadoul :
" Il paraît que la collection Les Ondines des Éditions Dupuis est prioritairement pour les enfants. Ils ont bien de la chance, ces enfants-là, du moins les plus dégourdis d'entre eux, de plonger sans filet dans l'abracadabrant univers du frapadingue Lucas Méthé dont le tome 2 de GOSSE confirme et amplifie tout le bien que le premier volume m'avait permis de penser.
On y apprend que le Rhône et la Saône sont mariés pour de bon, qu'un petit garçon peut avoir des poils piquants tout autour de la bouille (ce qui le fait parfois ressembler à Ribouldingue des Pieds Nickelés), que les parents peuvent parfaitement ignorer leur enfant - surtout quand celui-ci n'est qu'un spécimen sur 7 ou 8 - et même le remplacer par un autre qui lui ressemble vaguement, qu'un père cinglé, armé de plusieurs couteaux, peut terrifier sans état d'âme son gamin qui l'aime quand même, qu'un maître d'école en Ardèche ou en Drôme peut abandonner sa classe pour aller engloutir des nougats à Montélimar, qu'un môme de moins de dix ans peut construire des ponts qui ne tiennent pas sur des fleuves irrationnels, que des adultes savants à Lyon vouent leur action à ce dernier et apprennent les nouvelles en même temps que les événements se passent à des centaines de kilomètres de là, qu'un chien peut être aussi humanisé que Milou, que tout le monde est potentiellement dangereux mais que personne n'est foncièrement méchant, que la marche du monde est parfois un enfer mais qu'on s'en relève toujours aisément... et qu'une amitié fidèle et durable reste le moteur de l'existence de deux loupiots, Gosse et Taigne, qui n'ont pas d'autre but que de l'entretenir contre vents et marées. Bref, c'est un pur conte tissé des rêves et des frayeurs de l'enfance.
Et c'est peut-être pour cela que l'adulte resté ingénu peut savourer cet épais volume davantage peut-être que le chérubin pur et dur. Ne serait-ce que pour apprécier à sa juste valeur l'imagerie hyper-colorée de l'auteur qui dessine des êtres extra-ordinaires, des personnages ni-faits-ni-à-faire dont on se demande comment ils tiennent debout, mais ils tiennent debout et se meuvent et sont expressifs, égarés dans des décors enchanteurs, des natures chatoyantes, des ruisseaux dans la campagne, des vallons ensoleillés, des arbres qui ont une âme, des urbanités pittoresques, des maisons humanoïdes, c'est à dire le monde méthéen où il doit faire bon vivre.
Pro-Méthé je suis. "

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